Femme en blazer gris signant des documents au bureau moderne

Calculer salaire intérim : simulateur brut net

L’article en bref

Le calcul du salaire intérim combine le taux horaire, les indemnités spécifiques et les cotisations sociales pour déterminer la rémunération réelle.

  • Le SMIC 2026 s’élève à 12,31 € brut de l’heure, avec des charges sociales représentant environ 23 % du montant brut.
  • Les heures supplémentaires bénéficient de majorations : 25 % jusqu’à 43 heures, puis 50 % au-delà.
  • L’Indemnité de Fin de Mission (IFM) et l’Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP) majorent la rémunération d’environ 21 % par rapport à un CDI équivalent.
  • Des primes supplémentaires s’ajoutent selon les conditions : prime de risque, prime de nuit (jusqu’à 75 %) et prime d’équipe.
  • L’ETT verse le salaire entre le 9 et le 15 du mois suivant ; un acompte de 65 % du net peut être demandé.

Calculer un salaire intérim semble simple en apparence, mais la réalité est bien plus technique. La rémunération d’un intérimaire ne se limite pas à un taux horaire multiplié par des heures travaillées : elle intègre des indemnités spécifiques, des cotisations sociales et des majorations qui modifient sensiblement le montant final. Comment passe-t-on du salaire brut au salaire net ? Quand l’argent arrive-t-il sur le compte ? Voici un guide structuré pour comprendre chaque étape du calcul.

Comment calculer son salaire brut et net en intérim ?

Le calcul de base reste lisible : on multiplie le taux horaire brut par le nombre d’heures travaillées. Le SMIC 2025 était fixé à 11,88 € brut de l’heure, soit 1 801,80 € brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires. Depuis le 1er janvier 2026, il s’élève à 12,31 € brut de l’heure, ce qui représente 1 867,02 € brut mensuel. À titre de comparaison, un manutentionnaire démarre à 12,02 € brut de l’heure en 2026.

Les charges sociales salariales représentent environ 23 % du montant brut total. Ce taux recouvre la CSG, la CRDS, les cotisations retraite de base et complémentaire, ainsi que la prévoyance. Concrètement, un taux horaire de 12,31 € brut correspond à environ 9,74 € net. Sur un mois exhaustif à 35 heures au SMIC 2026, le salaire net mensuel avoisine 1 478 €, avant prélèvement à la source.

Heures supplémentaires et majorations horaires

Les heures supplémentaires bénéficient de majorations horaires encadrées. De la 36e à la 43e heure, la majoration atteint 25 %. Au-delà de la 43e heure, elle grimpe à 50 %. Ces règles s’appliquent quel que soit le domaine d’activité, de l’intérim médical à la logistique.

Le prélèvement à la source s’applique en dernier, après toutes les cotisations sociales. Son montant varie selon la situation personnelle de chaque intérimaire, ce qui rend le salaire net après impôt difficile à standardiser.

Si vous travaillez à temps partiel et souhaitez estimer votre rémunération, notre guide sur le contrat de travail à 10 heures par semaine et son salaire mensuel peut compléter utilement cette lecture.

Les indemnités spécifiques qui majorent la rémunération en intérim

Deux indemnités propres au travail temporaire s’ajoutent systématiquement au salaire brut de base. Première indemnité : l’Indemnité de Fin de Mission (IFM), fixée à 10 % de la rémunération brute totale. Elle compense la précarité inhérente au contrat de travail intérimaire. Pour un brut mensuel de 1 867,02 €, l’IFM représente 186,70 €.

L’Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP) se calcule, elle, sur le salaire brut augmenté de l’IFM, toujours à hauteur de 10 %. Pour 1 867,02 € brut avec 186,70 € d’IFM, l’ICCP atteint également 186,70 €. Ces deux indemnités cumulées majorent la rémunération totale d’environ 21 % par rapport à un salaire de base équivalent en CDI, ce qui constitue un avantage financier non négligeable.

Quand l’IFM n’est-elle pas versée ?

L’IFM ne s’applique pas dans tous les cas. Elle n’est pas due si :

  • L’intérimaire signe un CDI intérimaire ou est embauché en CDI à l’issue de la mission.
  • La rupture anticipée intervient à son initiative ou résulte d’une faute grave.
  • L’intérimaire refuse un CDI équivalent proposé par l’établissement.

Les primes selon les conditions de travail

Plusieurs primes peuvent s’ajouter selon le secteur. La prime de risque peut atteindre 15 % du salaire brut pour les travaux dangereux. La prime de panier compense les repas pris sur site. Les horaires alternés ouvrent droit à une prime d’équipe, tandis que le travail en chambre réfrigérée génère une prime de froid.

Le travail de nuit bénéficie de majorations horaires spécifiques : 5 % entre 21h et 22h, 20 % entre 22h et 5h, et jusqu’à 75 % selon les accords de branche. Après 270 heures de nuit travaillées sur l’année, une journée de récupération devient obligatoire. En 5×8 avec un taux de base à 13 € brut, la majoration mensuelle peut atteindre 170 € supplémentaires. La convention collective fixe un plancher, jamais un plafond.

Pour situer ces chiffres dans un contexte de réduction du temps de travail, consultez notre analyse sur le salaire mensuel attendu pour 10 heures de travail hebdomadaire.

Quand et comment est versé le salaire en intérim ?

C’est l’agence de travail temporaire (ETT) qui verse le salaire à l’intérimaire, car le contrat de travail est signé avec elle, et non avec l’entreprise utilisatrice. Le versement intervient généralement entre le 9 et le 15 du mois suivant. Exemple concret : une mission réalisée le 2 ou le 26 septembre est payée le 10 octobre.

Comment demander un acompte ?

L’intérimaire peut solliciter un acompte représentant jusqu’à 65 % de sa rémunération nette pour les heures déjà effectuées. Les demandes sont traitées chaque lundi et mercredi. Aucun acompte n’est accordé la semaine des paiements de salaires.

Certaines agences intérim proposent des espaces personnels dématérialisés, comme Armado, permettant de signer les contrats, télécharger les fiches de paie et formuler une demande d’acompte en ligne.

Lire et comprendre sa fiche de paie en intérim

Le bulletin de salaire s’organise en trois parties. L’en-tête concentre les informations personnelles et le numéro unique du bulletin. La partie centrale détaille le salaire brut, les majorations et les primes spécifiques à la mission. Le bas du document présente les cotisations sociales et le montant net à payer, avec les cumuls annuels visibles sur chaque document.

Si une mission ne se passe pas comme prévu, il peut être utile de connaître les excuses pour arrêter une mission intérim sans fragiliser sa relation avec l’agence de travail temporaire.

  • En-tête : informations personnelles, numéro de bulletin, coordonnées de l’ETT.
  • Corps : rémunération brute, heures travaillées, majorations, primes et IFM/ICCP.
  • Pied de page : cotisations sociales, prélèvement à la source, salaire net à payer.

Les avantages sociaux liés à l’égalité de traitement garantissent aux intérimaires les mêmes majorations que les salariés permanents pour le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés. La flexibilité de l’intérim ne se fait donc pas au détriment des droits fondamentaux, notamment en matière de retraite, de prévoyance et d’assurance maladie.

  • Vérifiez la cohérence entre heures déclarées et heures réellement effectuées.
  • Contrôlez que l’IFM et l’ICCP figurent bien sur chaque bulletin de fin de mission.
  • Comparez le taux de prélèvement à la source avec votre taux personnalisé transmis par l’administration fiscale.
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