Groupe de personnes lors d'une enchère dans une vieille cuisine

Vente aux enchères boulangerie en liquidation

Les liquidations judiciaires de boulangeries offrent une opportunité d’acquérir du matériel professionnel à prix réduits.

  • Processus judiciaire : un liquidateur et un commissaire-priseur judiciaire gèrent la vente aux enchères publiques avec frais légaux de 14,40% TTC
  • Équipements disponibles : pétrin, four électrique, façonneuse, chambre froide et autres actifs corporels et incorporels du fournil
  • Économies substantielles : prix divisés par 10 à 20 comparé au neuf, équipement professionnel à quelques centaines d’euros
  • Précautions essentielles : inspection minutieuse sur place, vérification de l’état fonctionnel et disponibilité des pièces de rechange
  • Financement diversifié : prêt bancaire, financement participatif ou nouvel associé pour compléter votre acquisition

Chaque année, des centaines de boulangeries françaises font face à une cessation des paiements, déclenchant l’ouverture d’une procédure judiciaire devant le tribunal de commerce. La liquidation judiciaire qui en résulte entraîne l’arrêt définitif des activités et la vente des actifs pour rembourser les créanciers. Pour un artisan-boulanger ou un repreneur, cette situation représente une occasion d’acquérir du matériel professionnel de qualité à prix bradé, bien en deçà des tarifs du neuf.

Comment se déroule une vente aux enchères publiques de boulangerie en liquidation judiciaire ?

Dès l’ouverture de la procédure, le tribunal de commerce nomme un liquidateur qui prend la main sur l’ensemble des biens jusqu’à leur cession. Le gérant perd immédiatement ses fonctions, et les salariés sont licenciés dans un délai de 15 jours (21 jours en cas de plan de sauvegarde de l’emploi). C’est le liquidateur qui mandate ensuite un commissaire-priseur judiciaire pour organiser la vente.

Le commissaire-priseur évalue d’abord les actifs, puis assure la publicité de la vente via différents canaux. Vous pouvez participer physiquement, par téléphone ou vous faire représenter. L’enchérisseur proposant le montant le plus élevé remporte le bien, avec des frais légaux fixés à 14,40% TTC du prix final, à la charge de l’acheteur.

Deux exemples réels illustrent concrètement ce mécanisme :

  • Le fonds de commerce LJ Chetaud Jacky Pierre, 31 rue de Saint-Cyr, 69009 Lyon, mis en vente le 15 mai 2018 à 16h avec une mise à prix de 60 000 €, suite au jugement du Tribunal de Commerce de Lyon du 13 février 2018. La consignation requise atteignait 30 000 €, avec un paiement comptant exigé. Le commissaire-priseur judiciaire était la Selas 2C Partenaires, et Maître Bruno Walczak de la Selarl MJ-Synergie assurait le rôle de mandataire judiciaire.
  • Le fonds de commerce « Berdoulet Artisan boulanger », 45 rue Jacques Berqué, 40210 Labouheyre, vendu le 17 juillet 2020 à 16h avec une mise à prix de 15 000 €, après liquidation judiciaire de la Sarl Fournil de Louis prononcée le 13 novembre 2019. Le commissaire-priseur judiciaire David Salet organisait la vente, avec exposition publique dès 15h45.

Pour trouver ces ventes, renseignez-vous auprès des études notariales, des chambres départementales et du réseau des huissiers de justice. Les annonces s’affichent aussi directement dans les tribunaux de commerce.

Quel matériel de boulangerie-pâtisserie peut-on acquérir lors d’une vente aux enchères en liquidation judiciaire ?

Les actifs corporels disponibles couvrent tout l’équipement d’un fournil : pétrin, batteur-mélangeur, chambre de fermentation ou chambre de pousse, four électrique, chambre froide, échelles pâtissières, vitrine de présentation et caisse enregistreuse. Les actifs incorporels regroupent le droit au bail, la marque, l’enseigne et la clientèle.

Lors d’une vente aux enchères le 19 juillet 2023, 39 lots ont été adjugés. Les prix constatés révèlent l’ampleur des opportunités : un laminoir est parti à 1 500 €, un four électrique boulanger à 1 600 €, une façonneuse à baguettes à 1 100 €, un pétrin à 800 €, une diviseuse à 1 000 € et un conservateur à plaques à 3 200 €. Plus modeste, un repose-pâton s’est négocié à 320 €, un enfourneur à 50 € seulement.

Rappelons que le budget pour équiper une boulangerie-pâtisserie en neuf oscille entre 60 000 € et 250 000 €. Ces enchères permettent de réduire drastiquement cet investissement. Les équipements disponibles varient selon les produits fabriqués (chocolaterie, confiserie, glacier, traiteur) et la capacité de production de l’établissement mis en liquidation judiciaire.

Quelles précautions prendre avant d’acheter du matériel de boulangerie en vente aux enchères ?

Inspection et transparence du commissaire-priseur

Rendez-vous sur place pour réaliser une inspection visuelle complète et tester chaque machine. Le commissaire-priseur judiciaire est légalement tenu à la transparence quant à l’état de fonctionnement des équipements. Vérifiez scrupuleusement les détails de chaque machine pour éviter tout vice caché, surtout sur les fonctionnalités moins courantes.

Renseignez-vous sur la maintenance, la disponibilité des pièces de rechange et les possibilités de réparation auprès de l’équipementier concerné. Un matériel d’occasion peu entretenu peut engendrer des coûts de remise en état importants.

Alternatives et financement pour compléter votre acquisition

Des alternatives existent aux enchères publiques. Des sites comme Leboncoin ou eBay, ainsi que des plateformes spécialisées en matériel de pâtisserie et restauration, proposent du matériel d’occasion. Certaines entreprises organisent aussi des opérations de déstockage sur du matériel neuf à tarifs réduits. Attention : ne confondez pas ces opérations avec les ventes aux enchères de lots de déstockage, qui proposent des biens en large quantité et conviennent peu à l’achat d’équipement professionnel individuel.

Pour financer votre acquisition, plusieurs solutions s’offrent à vous :

Actualisez votre business plan pour intégrer le nouvel équipement et montrer le retour sur investissement aux banques et investisseurs. Tenez aussi compte des inconvénients du démembrement de propriété si vous envisagez de structurer la reprise entre plusieurs associés. Une couverture d’assurance adaptée à l’activité de boulangerie reste indispensable pour assurer la pérennité de l’entreprise sur le long terme.

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