Deux officiers militaires se serrent la main, l'un tenant un document.

Retraite pompiers volontaires : bonification 2026

Les sapeurs-pompiers volontaires français bénéficient depuis 2026 de nouveaux droits à la retraite.

  • Bonification de trimestres supplémentaires pour les départs à partir du 1er juillet 2026 : 1 à 3 trimestres selon 10, 20 ou 25 ans d’engagement
  • Prestation de fidélisation et de reconnaissance versée après la fin de l’engagement, de 512,50 à 3 074,85 euros annuels selon l’ancienneté
  • Ces deux dispositifs sont cumulables et indépendants de la pension de retraite de droit commun
  • Aucune pension spécifique n’existe : la retraite suit le régime professionnel principal du volontaire
  • Les demandes doivent être étayées par un état des services délivré par le dernier SDIS

78 % des 256 400 sapeurs-pompiers français sont des sapeurs-pompiers volontaires, soit près de 199 000 personnes qui conjuguent cet engagement avec leur emploi ou leurs études. Pourtant, leurs droits à la retraite restent mal connus, y compris de ceux qui ont servi pendant des décennies. Tout change à partir du 1er juillet 2026 : le décret n° 2026-18 du 20 janvier 2026 instaure une bonification de trimestres supplémentaires pour les SPV partant en retraite après cette date, conformément à la loi n° 2023-270 adoptée le 14 avril 2023. Cet avantage vient compléter des dispositifs existants, surtout la prestation de fidélisation et de reconnaissance. Voici l’ensemble des droits à connaître, les conditions, les montants et les différences avec les pompiers professionnels.

Sapeur-pompier volontaire et retraite : de quels droits parle-t-on ?

Un statut qui n’ouvre pas de pension propre

Le statut de sapeur-pompier volontaire ne génère pas de pension de retraite spécifique. Contrairement aux sapeurs-pompiers professionnels, les SPV dépendent du régime de base et du régime complémentaire liés à leur activité professionnelle principale, qu’ils soient salariés du privé, agents publics ou travailleurs indépendants. Les conditions d’âge légal et de durée d’assurance sont identiques à celles de n’importe quel autre assuré relevant de leur régime.

Autrement dit, des années passées à intervenir sur des missions de secours ou de lutte contre les incendies ne génèrent pas de trimestres cotisés au sens classique. Le volontariat ne modifie pas le calcul de la retraite de droit commun, sauf depuis l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de 2026.

Les deux dispositifs propres aux pompiers volontaires

Deux mécanismes sont réservés aux SPV. D’une part, la bonification de trimestres supplémentaires pour les pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2026. D’autre part, la prestation de fidélisation et de reconnaissance versée après la fin de l’engagement, selon des conditions d’ancienneté et d’âge précises. Ces deux dispositifs sont cumulables, ce qui représente un avantage concret pour les volontaires de longue date.

Sapeurs-pompiers professionnels et volontaires : quelles différences à la retraite ?

Le régime particulier des pompiers professionnels

Les sapeurs-pompiers professionnels relèvent de la fonction publique territoriale et perçoivent un salaire indexé sur leur grade et leurs échelons au sein de la hiérarchie. Leur régime de retraite déroge aux règles ordinaires : un départ anticipé est possible après au moins 17 ans de service, entre 57 et 59 ans selon l’année de naissance.

Leur pension se calcule sur la base du traitement indiciaire des six derniers mois et du nombre de trimestres validés. Des bonifications du temps de service, la prise en compte de la prime de feu, ainsi que des majorations pour enfant ou inaptitude viennent enrichir ce calcul. C’est un régime nettement plus favorable que celui applicable aux volontaires.

La situation particulière des pompiers volontaires

Les SPV ne sont pas rémunérés au sens du droit du travail mais perçoivent des indemnités horaires selon leur grade. Leur retraite suit exclusivement les règles de leur régime professionnel de droit commun. Leurs droits spécifiques reposent uniquement sur la bonification de trimestres et la prestation de fidélisation et de reconnaissance, deux dispositifs distincts de toute pension.

La bonification de trimestres pour les sapeurs-pompiers volontaires : ce que dit le décret

Le texte fondateur

La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificatif de la sécurité sociale a inscrit à l’article L. 173-1-5 du code de la sécurité sociale le droit à des trimestres supplémentaires pour les SPV ayant accompli au moins dix années de service. Le décret n° 2026-18 du 20 janvier 2026 en a précisé les modalités d’application.

Ce décret fixe une date charnière : seules les pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2026 ouvrent droit à cette bonification. Pour les départs antérieurs à cette date, aucun trimestre supplémentaire n’est accordé au titre du volontariat, quelle que soit la durée d’engagement.

Le barème des trimestres supplémentaires selon la durée d’engagement

Le barème applicable est progressif et lié à la durée totale des années de service en qualité de sapeur-pompier volontaire :

  • 1 trimestre supplémentaire pour au moins 10 ans d’engagement
  • 2 trimestres supplémentaires pour au moins 20 ans d’engagement
  • 3 trimestres supplémentaires pour au moins 25 ans d’engagement

La période d’engagement se calcule en durée totale de services, de date à date, continue ou non. Une suspension de l’engagement n’efface pas les périodes antérieures, même si elle n’est pas comptabilisée pour l’avancement.

Quelles conditions pour bénéficier des trimestres supplémentaires en retraite ?

Les conditions liées à l’engagement

Pour faire valoir ces droits, la durée totale d’engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire doit atteindre au minimum 10 ans, calculée de date à date. Le SPV doit fournir à sa caisse de retraite un état des services délivré par le dernier SDIS auprès duquel il a exercé. Ce document mentionne la durée et la période d’engagement, et constitue la pièce centrale du dossier.

Il faut donc anticiper cette démarche en contactant son SDIS avant de liquider sa pension. Une gestion rigoureuse de ce dossier, comme pour tout projet administratif complexe, évite les retards dans l’obtention des droits.

Les limites d’application de cette bonification

Ces trimestres supplémentaires entrent dans le calcul du taux plein de la pension et dans la durée d’assurance dans le régime. Ils ne permettent pas d’obtenir un départ anticipé pour carrière longue. Ils ne s’appliquent pas non plus si le nombre total de trimestres exigés a déjà été intégralement cotisé par ailleurs. Les SPV peuvent continuer leurs activités de volontariat après leur départ en retraite professionnelle, tant que leur aptitude physique est confirmée.

Exemple concret : quelle retraite pour un salarié pompier volontaire pendant 20 ans ?

Le profil retenu

Prenons le cas de Jean, 55 ans, célibataire sans enfant. Salarié du secteur privé, il a perçu un salaire moyen de 2 800 euros brut par mois sur ses 25 meilleures années, soit 33 600 euros brut annuels. Il a été sapeur-pompier volontaire pendant 20 ans. Son âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans et il doit valider 172 trimestres pour décrocher une retraite à taux plein.

Le calcul de sa retraite avec la bonification

Grâce à ses 20 ans d’engagement en tant que SPV, Jean bénéficie de 2 trimestres supplémentaires au titre de la bonification applicable à partir du 1er juillet 2026. Sa pension de retraite est estimée à un peu plus de 2 300 euros net par mois. À cela s’ajoute une prestation de fidélisation et de reconnaissance de 1 024,95 euros par an. Ces deux montants se cumulent avec son revenu de remplacement habituel.

Pour mémoire, si Jean avait connu une rupture professionnelle avant sa retraite, il aurait pu envisager des dispositifs comme le maintien du salaire pendant un an via le contrat de sécurisation professionnelle en cas de licenciement économique, sans que cela n’affecte ses droits de SPV.

La prestation de fidélisation et de reconnaissance : un complément de revenu à la retraite

Les conditions d’attribution

La prestation de fidélisation et de reconnaissance est versée aux SPV ayant cessé leur engagement sous condition d’avoir atteint l’âge de 55 ans. Pour les engagements cessés à partir du 27 novembre 2021, la durée minimale de service exigée est de 15 ans (ou 10 ans en cas d’incapacité opérationnelle médicalement reconnue). Pour les engagements antérieurs, le seuil était fixé à 20 ans.

La demande doit être formulée après la fin de l’engagement, directement auprès du SDIS, qui calcule le montant dû et instruit le dossier.

Le montant de la prestation selon les années de service

Pour les SPV ayant cessé leur engagement à partir du 27 novembre 2021, le barème annuel de la NPFR (nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance) s’établit ainsi : 512,50 euros pour 15 à 19 ans de service, 1 024,95 euros pour 20 à 24 ans, 2 049,90 euros pour 25 à 29 ans, 2 690,50 euros pour 30 à 34 ans, et 3 074,85 euros à partir de 35 ans. Cette prestation est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, incessible et cumulable avec tout autre revenu ou prestation sociale.

Peut-on cumuler la bonification de trimestres et la prestation de fidélisation et de reconnaissance ?

La réponse est oui, sans ambiguïté. La bonification de trimestres supplémentaires applicable à partir du 1er juillet 2026 et la prestation de fidélisation et de reconnaissance (qu’il s’agisse de la PFR, de la NPFR ou des versions antérieures) constituent deux dispositifs distincts, indépendants l’un de l’autre.

La bonification agit directement sur le calcul de la pension en améliorant le taux ou en complétant la durée d’assurance dans le régime. La prestation de fidélisation et de reconnaissance, elle, est une allocation annuelle versée en dehors du système de retraite proprement dit. Ces deux montants s’ajoutent à la pension de retraite de droit commun perçue au titre de l’activité professionnelle. Représenter un dossier complet auprès du SDIS dès la fin de l’engagement reste la meilleure façon de ne laisser passer aucun droit.

Quelle indemnisation pendant l’engagement, avant la retraite ?

Des indemnités selon le grade, non soumises à l’impôt

Les sapeurs-pompiers volontaires ne perçoivent pas de salaire mais des indemnités horaires fixées selon leur position dans la hiérarchie : 8,71 euros pour un sapeur, 9,35 euros pour un caporal, 10,55 euros pour un sous-officier, 13,11 euros pour un officier. Ces montants sont exonérés d’impôt sur le revenu. Les formations suivies dans le cadre du livret individuel de formation sont également indemnisées, ce qui favorise l’apprentissage continu.

Gardes et astreintes : deux régimes d’indemnisation

Les indemnités varient selon le régime d’activité. Pour les gardes effectuées physiquement au centre d’incendie et de secours, elles représentent entre 35 % et 75 % du montant de l’indemnité de base, selon le nombre d’heures de service et le SDIS concerné. L’astreinte, régime le plus fréquent, implique une disponibilité à proximité de la caserne sans présence physique permanente, avec une indemnisation adaptée.

Allocation de vétérance et allocations de fidélité : les anciens dispositifs selon la période d’engagement

Pour les engagements antérieurs à 2005

Les SPV ayant cessé leur engagement avant 2004 peuvent percevoir une allocation de vétérance, et ceux ayant cessé en 2004 une allocation de fidélité, sous réserve d’avoir au moins 55 ans et 20 ans de service (ou 15 ans en cas d’incapacité opérationnelle). Le montant de l’allocation de vétérance varie selon les départements.

L’allocation de fidélité suit un barème précis : environ 450 euros par an pour 20 à 24 ans de service, 600 euros pour 25 à 29 ans, 700 euros pour 30 à 34 ans, et 800 euros à partir de 35 ans. Ces deux allocations sont exonérées d’impôt, incessibles et cumulables avec tout autre revenu.

Pour les engagements entre 2005 et 2015

La PFR (prestation de fidélisation et de reconnaissance) s’applique aux SPV ayant cessé leur engagement entre 2005 et 2015, avec les mêmes conditions d’âge (55 ans minimum) et d’ancienneté (20 ans de service, ou 15 ans avec incapacité opérationnelle). Elle est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux, incessible et cumulable. Un service en ligne permettait de connaître ses droits à la PFR pour cette période.

  • Pour la période 2016-2021, la NPFR s’applique avec un barème allant de 1 024,95 euros à 3 074,85 euros par an
  • Depuis le 27 novembre 2021, un nouveau barème ouvre les droits dès 15 ans de service, à partir de 512,50 euros annuels

Que se passe-t-il en cas de décès du pompier volontaire ?

Le décès en service

Si un sapeur-pompier volontaire décède au cours d’une mission, ses proches peuvent prétendre à une allocation de réversion versée mensuellement. Les bénéficiaires potentiels sont la personne avec laquelle le SPV vivait en couple, l’ex-époux ou ex-épouse non remarié, non pacsé et ne vivant pas en concubinage, ou l’enfant de moins de 21 ans (ou quel que soit son âge s’il est en situation de handicap).

La transmission des prestations de fidélisation

Les différentes allocations et prestations de fidélisation peuvent, en cas de décès du bénéficiaire, continuer d’être versées à l’époux ou l’épouse, au partenaire de Pacs (sous condition que ce dernier ait été conclu au minimum deux ans avant le décès ou en présence d’un enfant commun), ou aux enfants mineurs. À noter : la résiliation disciplinaire de l’engagement entraîne la perte définitive des droits à la NPFR.

Comment l’engagement de sapeur-pompier volontaire prend-il fin ?

Les causes de fin d’engagement

Plusieurs situations peuvent mettre un terme au contrat de volontariat. Le non-renouvellement à échéance, une inaptitude physique constatée lors d’une visite médicale, l’atteinte de la limite d’âge, une sanction disciplinaire ou résiliation, ou encore une décision personnelle du SPV sans préavis. L’engagement dure cinq ans renouvelables, sous réserve de conserver les conditions initiales d’aptitude physique et de santé. Les vaccinations obligatoires (hépatite B, diphtérie, tétanos, poliomyélite, grippe) font partie des obligations sanitaires vérifiées tout au long de la carrière.

Les limites d’âge à connaître

La fin d’engagement automatique intervient à 67 ans dans le cas général. Elle est repoussée à 70 ans pour les infirmiers, psychothérapeutes et experts psychologues, et à 72 ans pour les médecins, pharmaciens et vétérinaires. L’aptitude physique de tout SPV âgé de 62 ans ou plus fait l’objet d’une visite médicale annuelle. Une visite de fin d’engagement est systématiquement organisée. Les volontaires peuvent poursuivre leurs activités après leur départ en retraite professionnelle, tant que ces conditions d’aptitude restent remplies.

Concilier engagement de pompier volontaire et vie professionnelle avant la retraite

Les droits du salarié ou de l’agent public

L’activité de SPV s’exerce prioritairement sur le temps libre. Néanmoins, une absence professionnelle est possible pour répondre à une alerte : l’employeur doit l’autoriser, sauf nécessité absolue de service, et tout refus doit être motivé et transmis au SDIS. Cette absence n’est pas rémunérée par l’employeur mais elle est assimilée à du temps de travail effectif pour les droits à congés payés, prestations sociales et ancienneté.

Les dispositifs d’encouragement pour les employeurs

Les employeurs peuvent signer une convention avec le SDIS pour obtenir le label « Employeur partenaire des sapeurs-pompiers » et bénéficier d’une réduction de cotisations sociales sous certaines conditions, jusqu’au 31 décembre 2026. Le don de jours de repos entre collègues constitue un autre levier : un salarié peut céder ses jours non pris (hors les 24 premiers jours ouvrables de congés payés) à un SPV du même employeur. Pour les agents publics, le don porte sur les jours de RTT et les congés annuels au-delà de 20 jours. Le congé obtenu est limité à 10 jours par année civile, fractionnables sur un an après réception du don de jours de repos. L’administration dispose de 15 jours ouvrables pour répondre à la demande.

Si la situation professionnelle d’un employeur ou d’un indépendant amenait à envisager la fin d’une activité parallèle à l’engagement de SPV, il serait utile de consulter un guide pratique sur la fermeture d’une entreprise pour éviter toute erreur administrative.

FAQ sur la retraite des pompiers volontaires

Les pompiers volontaires ont-ils droit à une pension de retraite spécifique ?

Non. Le statut de SPV n’ouvre pas de pension de retraite propre. La retraite se perçoit au titre de l’activité professionnelle principale, selon les règles du régime de droit commun. Les droits spécifiques se limitent à la bonification de trimestres supplémentaires pour les départs à partir du 1er juillet 2026 et à la prestation de fidélisation et de reconnaissance après la fin de l’engagement.

Les années de pompier volontaire comptent-elles pour la retraite ?

Les années de service en tant que sapeur-pompier volontaire ne génèrent pas de trimestres cotisés au sens classique. Depuis le décret du 20 janvier 2026, une bonification est accordée à partir de 10 ans d’engagement pour les pensions prenant effet dès le 1er juillet 2026. Ces trimestres supplémentaires améliorent le taux de calcul de la pension et la durée d’assurance, sans pourtant ouvrir droit à un départ anticipé pour carrière longue.

  1. Réunir l’état des services auprès du dernier SDIS
  2. Vérifier si les conditions de durée d’engagement sont atteintes (10, 20 ou 25 ans)
  3. Transmettre le document à sa caisse de retraite lors de la liquidation de la pension
  4. Formuler séparément la demande de prestation de fidélisation et de reconnaissance auprès du SDIS
Retour en haut