En 2026, le salaire des apprentis repose sur un pourcentage du SMIC, ajusté selon l’âge et l’avancement.
- Base légale : rémunération calculée en pourcentage du SMIC brut (1 867,02 euros depuis juin 2026), sans valeur fixe absolue.
- Variables principales : l’âge de l’apprenti et l’année d’exécution du contrat déterminent le pourcentage appliqué.
- Deux contrats distincts : contrat d’apprentissage (16-29 ans) et contrat de professionnalisation (16-25 ans ou 26+ ans demandeurs d’emploi) suivent des grilles différentes.
- Avantages complémentaires : frais de formation gratuits, exonération d’impôt sur le revenu jusqu’au SMIC annuel, prime d’activité possible, cotisations retraite validées.
- Protection renforcée : congés spécifiques, droits sociaux maintenus, salaire garanti en cas de suspension du contrat.
Le salaire des apprentis en 2026 repose sur une logique simple : un pourcentage du SMIC, ajusté selon l’âge et l’avancement dans le contrat. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut mensuel atteint 1 867,02 euros, soit une hausse de 2,41% par rapport à 2025. C’est cette base qui sert de référence pour calculer la rémunération minimale de tout alternant en France.
Deux types de contrats structurent l’alternance : le contrat d’apprentissage, ouvert aux 16-29 ans révolus, et le contrat de professionnalisation, accessible aux 16-25 ans souhaitant compléter leur formation initiale ainsi qu’aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus. Ces deux dispositifs obéissent à des grilles de rémunération distinctes, encadrées par le Code du travail.
Cet article détaille les montants bruts et nets applicables selon chaque profil, les mécanismes de majoration, les spécificités fiscales liées à l’impôt sur le revenu et les avantages financiers qui complètent la rémunération mensuelle des apprentis. Une lecture structurée pour décoder rapidement ce qui vous revient.
Comment est calculé le salaire d’un apprenti en 2026 ?
Le SMIC comme base de référence
La rémunération minimale d’un apprenti n’est pas fixée en valeur absolue : elle résulte d’un pourcentage du SMIC brut mensuel, défini par le Code du travail, spécialement par les articles L6222-26, D6222-26 et suivants (D6222-28-1, D6222-29 jusqu’au D6222-35). Ce système garantit une indexation automatique sur le salaire minimum, ce qui explique pourquoi chaque revalorisation du SMIC entraîne mécaniquement une hausse des rémunérations en alternance.
Au 1er janvier 2026, le SMIC s’établissait à 1 823,03 euros brut mensuel. Il a été réévalué à 1 867,02 euros brut au 1er juin 2026, une progression de 2,41% qui se répercute directement sur tous les paliers de la grille. Pour calculer précisément son salaire brut en net, il est utile de s’appuyer sur un simulateur adapté à sa situation.
Les indicateurs qui font varier la rémunération
Deux variables principales déterminent le montant perçu chaque mois : l’âge de l’apprenti et l’année d’exécution du contrat. Plus l’apprenti est âgé, plus le pourcentage appliqué est élevé. De même, la progression dans le contrat (1ère, 2e, 3e année) entraîne une augmentation automatique de la rémunération.
Le niveau de diplôme préparé intervient principalement dans le cadre du contrat de professionnalisation, où la distinction entre un niveau inférieur ou supérieur au bac professionnel modifie directement les pourcentages applicables. Quelle que soit la situation, le salaire minimum conventionnel (SMC) issu de la convention collective de branche s’applique dès lors qu’il se révèle plus favorable que le pourcentage réglementaire du SMIC. L’alternant bénéficie toujours du dispositif le plus avantageux entre les deux.
Grille de salaire pour un contrat d’apprentissage
Rémunération selon l’âge et l’année de contrat
La grille du contrat d’apprentissage repose sur quatre tranches d’âge et trois paliers d’avancement. Voici les montants en euros brut mensuels applicables depuis le 1er juin 2026 :
- Moins de 18 ans : 27% du SMIC en 1ère année (504,10 euros brut), 39% en 2e année (728,14 euros brut), 55% en 3e année (1 026,86 euros brut). Les apprentis de moins de 16 ans bénéficient des mêmes montants.
- 18 à 20 ans : 43% du SMIC en 1ère année (802,82 euros brut), 51% en 2e année (952,18 euros brut), 67% en 3e année (1 250,90 euros brut).
- 21 à 25 ans : 53% du SMIC en 1ère année (989,52 euros brut), 61% en 2e année (1 138,88 euros brut), 78% en 3e année (1 456,28 euros brut), avec application du SMC si plus favorable.
- 26 ans et plus : 100% du SMIC quelle que soit l’année d’exécution du contrat, soit 1 867,02 euros brut, ou le SMC si supérieur.
Ces montants constituent des planchers légaux. Un employeur peut toujours décider de verser davantage, selon les pratiques de son secteur ou les accords de branche en vigueur. La convention collective reste le premier réflexe à consulter avant toute négociation.
Quand le salaire augmente-t-il automatiquement ?
Deux événements déclenchent une revalorisation automatique de la rémunération pendant le contrat. Le premier concerne le changement de tranche d’âge : lorsque l’apprenti franchit le cap des 18, 21 ou 26 ans, la majoration prend effet le 1er jour du mois suivant la date d’anniversaire, sans démarche particulière à effectuer.
Le second événement, c’est le passage d’une année à l’autre du contrat. Contrairement au changement d’âge, cette revalorisation intervient à la date anniversaire de l’engagement, c’est-à-dire à la date de début du contrat. Ces deux mécanismes peuvent d’ailleurs se associer si les deux événements coïncident dans le calendrier. Mieux vaut les anticiper pour éviter toute erreur sur la fiche de paie.
Grille de salaire pour un contrat de professionnalisation
Rémunération selon l’âge et le niveau de qualification
Le contrat de professionnalisation introduit un troisième indicateur : le niveau de qualification initial de l’alternant. La grille distingue deux situations selon que le niveau est inférieur ou égal/supérieur au bac professionnel.
Pour un niveau inférieur au bac pro : les moins de 21 ans perçoivent 55% du SMIC, soit 1 026,86 euros brut mensuel. Les 21 à 25 ans touchent 70% du SMIC, soit 1 306,91 euros brut. Au-delà de 26 ans, la rémunération atteint 100% du SMIC (1 867,02 euros brut) ou 85% du SMC si ce dernier est plus favorable.
Pour un niveau égal ou supérieur au bac pro : les moins de 21 ans perçoivent 65% du SMIC (1 213,56 euros brut), les 21 à 25 ans atteignent 80% du SMIC (1 493,62 euros brut). Pour les 26 ans et plus, les mêmes conditions que la tranche précédente s’appliquent : 100% du SMIC ou 85% du SMC.
Différences avec le contrat d’apprentissage
Le contrat de professionnalisation cible un public différent. Il accueille les jeunes de 16 à 25 ans souhaitant compléter leur formation initiale, mais aussi les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, ce qui représente une différence fondamentale avec le contrat d’apprentissage, limité en principe à 29 ans révolus.
Sur le plan de la rémunération, la logique est similaire, mais le niveau de diplôme déjà acquis pèse davantage dans le calcul. Pour les alternants de plus de 26 ans, le salaire ne peut être inférieur ni à 100% du SMIC ni à 85% du SMC applicable selon la convention collective de l’entreprise, si une telle convention existe. Ces garde-fous garantissent une rémunération décente quel que soit le profil.
Salaire brut et salaire net : ce que perçoit réellement l’apprenti
Salaire net en contrat d’apprentissage selon la date du contrat
Le passage du brut au net dépend d’un élément souvent méconnu : la date de conclusion du contrat. Pour les contrats signés à partir du 1er mars 2025, la rémunération excédant 50% du SMIC, soit 933,51 euros brut, est assujettie aux cotisations salariales, à la CSG et à la CRDS. Concrètement, un apprenti de 18 à 20 ans en 2e année percevant 952,18 euros brut verra une partie de sa rémunération soumise à prélèvements.
Pour les contrats conclus avant le 28 février 2025, le régime est plus avantageux : l’exonération s’étend jusqu’à 79% du SMIC, soit environ 1 475 euros brut. Un apprenti de 21 à 25 ans en 1ère année (989,52 euros brut) bénéficiait ainsi d’une quasi-exonération totale sous l’ancien régime. Dans les deux cas, l’exonération d’impôt sur le revenu s’applique dans la limite du montant annuel du SMIC, fixé à environ 22 200 euros pour 2026, conformément à l’article 81 bis du Code général des impôts.
Salaire net en contrat de professionnalisation
Le régime du contrat de professionnalisation est moins favorable sur ce point. Le salaire net représente environ 78% du salaire brut, car les cotisations salariales classiques s’appliquent dans leur intégralité, sans exonération spécifique sur la part salariale. Un alternant percevant 1 306,91 euros brut touchera donc environ 1 019 euros net.
Du côté employeur, la réduction générale renforcée des cotisations patronales, en vigueur depuis le 1er janvier 2019 (anciennement connue sous le nom de réduction Fillon), permet de limiter le coût du travail. Ce dispositif reste plafonné aux rémunérations inférieures à 1,6 fois le SMIC. Pour les entreprises de moins de 11 salariés, le salaire de l’apprenti est en hormis exonéré de la taxe d’apprentissage et de la contribution à la formation professionnelle.
Les cas de majoration du salaire de l’apprenti
Majoration liée à la durée de formation réduite
Certaines formations concentrent en un an un cycle qui s’étale normalement sur deux ou trois ans. Dans ces situations, le Code du travail prévoit des règles précises pour déterminer l’année de contrat applicable, et donc le palier de rémunération correspondant.
- Un apprenti qui prépare une Licence générale en 1 an (intégrée en 3e année de formation) bénéficie d’une rémunération calculée sur la base d’une 3e année de contrat.
- La Licence professionnelle préparée en 1 an ouvre droit à une rémunération équivalente à une 2e année de contrat.
- Le BUT intégré en 3e année sur 1 an : rémunération calculée sur la base d’une 2e année d’exécution du contrat.
- Le Master 2 ou les formations courtes après un premier cycle validé : rémunération également basée sur une 2e année de contrat.
Ces règles évitent qu’un apprenti expérimenté soit rémunéré comme un débutant au seul prétexte que sa formation dure un an. La logique est celle de la reconnaissance des acquis antérieurs.
Majoration en cas de succession de contrats d’apprentissage
Lorsqu’un apprenti enchaîne deux contrats d’apprentissage, le second ne repart pas de zéro. La rémunération doit être au minimum celle perçue lors de la dernière année du contrat précédent, dès lors que ce premier contrat a conduit à l’obtention du diplôme ou titre préparé. Cette règle s’applique que le nouvel employeur soit identique ou différent.
Attention toutefois : si l’employeur change et applique une convention collective différente, seule la rémunération réglementaire de la part doit être maintenue. Les atouts conventionnels du précédent contrat ne s’imposent pas automatiquement au nouvel employeur. Pour une formation complémentaire ou une mention complémentaire, une majoration de 15% du pourcentage de rémunération s’applique sous trois conditions cumulatives : durée du contrat inférieure ou égale à 1 an, diplôme préparé de même niveau que le précédent, et qualification en rapport direct avec celle déjà obtenue. Cette majoration ne s’applique pas au SMC.
Autres cas particuliers de majoration
Les apprentis reconnus travailleurs handicapés bénéficient d’une protection renforcée. Une année supplémentaire peut être ajoutée au-delà de la durée normale du contrat, avec une rémunération correspondant à celle de l’année précédente majorée de 15% du SMIC. La durée maximale du contrat peut alors atteindre 4 ans. Par ailleurs, aucune limite d’âge ne s’impose à ces apprentis en résumé un contrat d’apprentissage.
Le redoublement ne modifie pas la rémunération : elle reste identique à celle de l’année précédente, sauf si un changement de tranche d’âge intervient entre-temps. Cas singulier à ne pas négliger : l’apprenti mineur employé chez l’un de ses parents. Le parent employeur doit verser au minimum un quart du salaire sur un compte bancaire ou postal désigné dans le contrat, pour garantir que l’apprenti dispose effectivement de ses revenus.
Salaire selon le diplôme préparé : BTS, licence, bachelor, master
Comment le diplôme influence la rémunération ?
Le diplôme préparé n’influe pas directement sur le pourcentage du SMIC : ce sont toujours l’âge et l’année de contrat qui commandent le calcul. Mais le diplôme détermine la durée du cycle de formation, et donc le nombre d’années sur lesquelles s’étale la grille. Un BTS en 2 ans ne mobilise que les paliers de 1ère et 2e année, quand un bachelor en 3 ans active les trois paliers successifs.
Le SMC issu de la convention collective de branche peut modifier significativement la rémunération réelle. Dans certains secteurs comme la banque, l’assurance ou l’informatique, les accords de branche prévoient des rémunérations minimales conventionnelles supérieures aux pourcentages légaux. Vérifier la convention collective applicable à l’employeur reste donc une étape indispensable avant de signer tout contrat.
Exemples concrets par niveau de diplôme
Voici comment s’applique la grille pour les diplômes les plus courants en alternance, illustrée pour un apprenti de 21 à 25 ans :
- BTS (2 ans) : 1ère année à 989,52 euros brut (53% du SMIC), puis 2e année à 1 138,88 euros brut (61%) à la date anniversaire du contrat.
- Licence professionnelle (1 an) : rémunération calculée sur la base d’une 2e année, soit 1 138,88 euros brut dès le départ.
- Bachelor (3 ans) : les trois paliers successifs s’appliquent : 989,52 euros brut en 1ère année, 1 138,88 euros brut en 2e année, 1 456,28 euros brut en 3e année.
- Master 2 (après licence validée) : rémunération de 2e année dès le début, soit 1 138,88 euros brut pour un apprenti de 21 à 25 ans.
Pour le BUT intégré en 3e année sur 1 an, la rémunération correspond également à une 2e année de contrat. Ces précisions permettent à chaque alternant de vérifier rapidement si sa fiche de paie correspond aux montants légaux.
Fiscalité et cotisations sociales sur le salaire de l’apprenti
Exonération d’impôt sur le revenu pour les apprentis
C’est l’un des avantages fiscaux les plus concrets de l’alternance. Le salaire versé aux apprentis est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du SMIC, soit environ 22 200 euros pour 2026, conformément à l’article 81 bis du Code général des impôts. Concrètement, un apprenti dont la rémunération annuelle ne dépasse pas ce plafond ne paie aucun impôt sur ses revenus d’alternance.
Tant que l’apprenti a moins de 25 ans au 1er janvier de l’année d’imposition, il peut rester rattaché au foyer fiscal de ses parents. Ce rattachement peut se révéler financièrement intéressant selon la situation familiale. La décision mérite d’être étudiée avec soin, car elle influence directement le montant des impôts payés par les parents.
Cotisations sociales et droits à la retraite
Depuis la loi Avenir professionnel, le contrat d’apprentissage ne bénéficie plus d’exonérations spécifiques sur les cotisations patronales. La rémunération de l’apprenti rentre désormais dans le champ de la réduction générale de cotisations patronales, applicable jusqu’à 1,6 fois le SMIC. Pour les entreprises de moins de 11 salariés, le salaire de l’apprenti reste exonéré de la taxe d’apprentissage et de la contribution à la formation professionnelle.
Du côté des droits à la retraite, les évolutions récentes sont favorables aux apprentis. Depuis 2014, les périodes d’apprentissage valident des trimestres sur la rémunération réelle. Depuis 2019, les apprentis cotisent également à l’Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du privé. Tout apprenti sous contrat valide quatre trimestres par an. Pour valider un trimestre depuis le 1er juin 2026, il faut percevoir l’équivalent de 150 SMIC horaires, soit 1 846,50 euros. Quatre trimestres s’acquièrent à partir de 7 386 euros brut annuels, un seuil accessible dès la première année pour la majorité des tranches d’âge.
Les avantages financiers au-delà du salaire
Prise en charge de la formation et frais de transport
L’un des atouts majeurs de l’alternance, souvent sous-estimé : les frais de scolarité sont intégralement pris en charge par l’employeur via son OPCO (Opérateur de compétences), sans aucun reste à charge pour l’apprenti. Là où un étudiant classique peut dépenser plusieurs milliers d’euros par an en frais de formation, l’alternant perçoit un salaire chaque mois tout en obtenant son diplôme gratuitement.
L’apprenti bénéficie par ailleurs de la prise en charge de ses frais de transport domicile-travail, selon les mêmes modalités que les autres salariés de l’entreprise. Le CFA délivre une carte nationale des métiers qui ouvre l’accès aux restaurants et hébergements universitaires, propose des réductions pour les loisirs (cinéma, théâtre, activités sportives) et des tarifs préférentiels dans les transports. Ces avantages complètent utilement une rémunération parfois modeste en début de contrat.
Prime d’activité et avantages en nature
Un apprenti de plus de 18 ans peut prétendre à la prime d’activité sous conditions, dès lors que sa rémunération atteint au moins 78% du SMIC. Ce complément de revenu versé par la CAF peut représenter une aide mensuelle significative pour les apprentis dont les revenus restent proches du seuil d’éligibilité. La demande s’effectue directement sur le site de la CAF.
L’employeur peut également proposer des atouts en nature, notamment la nourriture ou le logement. Dans ce cas, des retenues sur la rémunération sont autorisées, dans la limite de 75% des déductions applicables aux autres salariés. Ces retenues doivent être clairement mentionnées dans le contrat. À noter aussi : l’apprenti bénéficie d’un congé supplémentaire de 5 jours ouvrables rémunérés dans le mois précédant ses épreuves d’examen, qui s’ajoute aux congés payés légaux sans réduire ces derniers.
Organisation du temps de travail et congés de l’apprenti
Durée du travail selon l’âge de l’apprenti
Pour un apprenti majeur, les règles sont identiques à celles de n’importe quel salarié : 35 heures de travail par semaine, avec prise en compte du temps de formation en CFA dans le temps de travail effectif. Les heures supplémentaires sont possibles et rémunérées selon les conditions applicables au personnel de l’entreprise.
Pour un apprenti mineur, les restrictions sont plus strictes. La durée de travail reste fixée à 35 heures hebdomadaires, avec un maximum de 8 heures par jour. Pas plus de 4 heures 30 consécutives sans une pause de 30 minutes minimum. Le travail de nuit est interdit entre 22h et 6h pour les apprentis de 16 à 18 ans, et entre 20h et 6h pour les moins de 16 ans, sauf dérogations spécifiques. Le dimanche est également interdit dans la grande majorité des secteurs, et 2 jours de repos consécutifs par semaine sont obligatoires. Des dérogations existent dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics et des travaux paysagers : la durée hebdomadaire peut alors atteindre 40 heures et la journée 10 heures, lorsque l’organisation collective du travail le justifie. Exceptionnellement, jusqu’à 5 heures supplémentaires par semaine peuvent être accordées aux mineurs, sous réserve de l’accord de l’inspecteur du travail et de l’avis du médecin du travail.
Congés payés et congés spécifiques de l’apprenti
L’apprenti bénéficie des 5 semaines de congés payés légaux annuels, identiques à tout salarié. L’employeur décide de la période à laquelle ces congés peuvent être pris, dans le respect des règles habituelles. Si l’apprenti a moins de 21 ans au 30 avril de l’année précédente, il peut demander jusqu’à 30 jours ouvrables supplémentaires sans solde par an, sans que l’employeur puisse refuser.
Le congé de 5 jours ouvrables pour préparation aux épreuves s’ajoute à ces congés payés : il est rémunéré et ne peut pas être soustrait du quota légal. Ces dispositions font de l’alternance un statut bien protégé sur le plan du temps de travail, comparable dans ses grandes lignes à celui d’un salarié classique, avec quelques adaptations propres à la situation de formation.
Rupture, suspension et fin du contrat d’apprentissage
Modalités de rupture du contrat d’apprentissage
Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, le contrat peut être rompu librement par écrit, par l’employeur ou par l’apprenti, sans justification particulière. C’est une période d’ajustement mutuel, similaire dans son esprit à une période d’essai, même si le terme est juridiquement distinct.
Après ce délai, les cas de rupture sont encadrés. L’apprenti souhaitant rompre le contrat doit d’abord saisir le médiateur, puis informer son employeur après un délai minimal de 5 jours calendaires. La rupture effective intervient 7 jours calendaires après cette information. Si l’apprenti obtient son diplôme avant le terme prévu, il peut rompre le contrat avec un préavis d’un mois, à condition que la rupture n’intervienne pas avant le lendemain de la publication des résultats. Du côté de l’employeur, les motifs valables sont la faute grave, l’inaptitude, la force majeure ou l’exclusion définitive du CFA. Après une rupture, l’apprenti peut poursuivre sa formation théorique en CFA pendant 6 mois, avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle et le maintien de ses droits sociaux. Une protection bienvenue pour éviter toute rupture de parcours.
Suspension du contrat et situation en fin de contrat
Lorsque l’inspecteur du travail a connaissance d’une situation dangereuse pour la santé ou l’intégrité de l’apprenti (brutalité, harcèlement moral ou sexuel, conditions de travail non conformes), il peut présenter une suspension du contrat au directeur départemental en charge de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS ou DDETSPP). Pendant la suspension, la rémunération est maintenue par l’employeur et l’apprenti continue de suivre sa formation en CFA. Le directeur départemental dispose de 15 jours pour statuer sur la reprise ou non du contrat. Si le retour en entreprise est refusé, le contrat est rompu automatiquement et le CFA accompagne l’apprenti dans la recherche d’un nouvel employeur. Ces règles s’inscrivent dans un dispositif plus large de protection de la santé au travail des alternants.
En fin de contrat, si l’apprenti poursuit dans l’entreprise via un CDI, un CDD ou un contrat de travail temporaire, aucune période d’essai ne peut être imposée, sauf clause conventionnelle contraire. La durée de l’apprentissage compte pour le calcul de l’ancienneté et de la rémunération. En cas d’échec à l’examen ou de réorientation, le contrat peut être prolongé d’un an maximum, avec maintien de la rémunération correspondant à la dernière année. À l’inverse, dans les secteurs où des conventions collectives prévoient des avantages spécifiques liés à la rémunération dans les petites structures, l’apprenti peut aussi se retrouver concerné par des règles de rémunération adaptées selon la taille de l’entreprise. Quant aux alternants ayant traversé une rupture économique, les dispositifs comme le contrat de sécurisation professionnelle peuvent s’avérer pertinents pour comprendre d’autres mécanismes de maintien de revenus après un licenciement économique.

