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Smic en 1990 : évolution et montant horaire

Le SMIC, créé en 1970, a connu trois revalorisations en 1990 sous le gouvernement Rocard II.

  • En mars 1990, le SMIC horaire brut s’établit à 30,51 francs, soit 8,10 euros en valeur constante.
  • Trois augmentations successives jalonnent l’année : 1er avril (+2,01 %), 1er juillet (+2,52 %), et 1er décembre.
  • Ces ajustements sont mécaniquement déclenchés dès que l’indice des prix à la consommation progresse de 2 % minimum.
  • Depuis 1990, le SMIC a été multiplié par 2,6, tandis que les prix ne l’ont été que par 1,8, prouvant un gain de pouvoir d’achat réel.

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance n’est pas né en 1990. Ses racines remontent à 1950, avec la création du SMIG, le salaire minimum interprofessionnel garanti. C’est la loi 70-7 du 2 janvier 1970, portée par le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, qui transforme ce dispositif en SMIC, applicable dès le 23 août 1970. En 1990, sous le gouvernement Rocard II, trois revalorisations du salaire minimum se succèdent sur l’année. Point de départ : 30,51 francs de SMIC horaire brut en mars 1990, soit 8,10 euros en valeur constante.

Le montant du SMIC horaire en 1990

En mars 1990, le SMIC horaire brut s’établit à 30,51 francs. Rapporté à une base mensuelle de 169 heures de travail, ce taux horaire représente 786,06 euros en valeur courante, soit 8,10 euros en valeur constante. Ces deux lectures ne donnent pas la même image du niveau de vie réel des salariés au salaire minimum.

Pour calculer son salaire brut en net, il faut tenir compte des cotisations sociales applicables à l’époque, qui diffèrent sensiblement du régime actuel. Le pouvoir d’achat du SMIC repose sur deux paramètres : la progression de l’indice des prix à la consommation et la moitié de la hausse du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO). Entre mars et avril 1990, l’indice des prix à la consommation progresse de 2,30 %, ce qui déclenche mécaniquement une revalorisation obligatoire du salaire minimum.

Les revalorisations successives du SMIC en 1990

Trois hausses rythment l’année 1990, toutes décidées sous le gouvernement Rocard II (Parti Socialiste). La loi encadre strictement ces ajustements : dès que l’indice des prix progresse d’au moins 2 % depuis la dernière revalorisation, une hausse s’impose.

  • Au 1er avril 1990 : le SMIC horaire brut passe à 30,51 francs, soit une augmentation de 2,01 %.
  • Au 1er juillet 1990 : nouvelle revalorisation à 31,28 francs, représentant une hausse de 2,52 %.
  • Au 1er décembre 1990 : le taux atteint 31,94 francs l’heure.

Ces variations annuelles illustrent un mécanisme de protection des bas salaires face à l’inflation. Pour les salariés concernés par un licenciement économique, le maintien du salaire pendant un an via le contrat de sécurisation professionnelle constituait déjà une forme de filet de sécurité, même si le dispositif actuel est plus structuré.

L’évolution du SMIC avant et après 1990

Les années 1980 voient plusieurs revalorisations significatives, portées par une inflation encore soutenue. La France sort progressivement de la période de forte hausse des prix, mais les indices restent sensibles.

  1. En 1990 : SMIC horaire brut à 30,51 francs (mars).
  2. Au 1er juillet 1991 : passage à 32,66 francs, soit une augmentation de 2,25 % sur un an.
  3. Au 4e trimestre 2025 : le SMIC horaire brut a été multiplié par 2,6 depuis mars 1990, tandis que les prix (tabac compris) n’ont été multipliés que par 1,8.

Ce décalage entre la progression du salaire minimum et celle des prix prouve un gain de pouvoir d’achat réel du SMIC sur ces 35 années. Le dispositif a donc rempli une partie de son objectif de croissance, comme son nom l’indique.

Quels débats le SMIC de 1990 soulève-t-il sur son impact économique ?

La tension entre protection salariale et contraintes pour les employeurs structure ce débat depuis la création du salaire minimum en France. En 1990, avec un SMIC horaire brut à 30,51 francs, certains économistes estimaient que son niveau pesait sur les embauches, notamment dans les petites entreprises.

  • L’argument des défenseurs du SMIC : un salaire minimum élevé réduit la pauvreté laborieuse et soutient la consommation.
  • L’argument des détracteurs : un taux horaire trop contraint décourage les recrutements peu qualifiés.

La comparaison avec les autres pays européens alimentait régulièrement les débats. La France figurait parmi les nations dotées d’un salaire minimum légal, contrairement à l’Allemagne à l’époque. Notons que le calcul du SMIC s’applique uniformément dans les départements d’mis à part-mer, y compris à Mayotte depuis son accession au statut de département, avec des variations annuelles parfois spécifiques. Pour les dirigeants d’entreprise concernés par leur propre rémunération, l’article 62 du CGI encadre l’imposition des rémunérations des gérants et associés, un cadre fiscal distinct du salaire horaire de base ouvrier traditionnel.

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